Vous le faites peut-être “parce que c’est mieux pour la planète”, parce qu’on vous l’a conseillé, ou parce que Windows vous le rappelle de temps en temps.
Mais la réponse est moins simple qu’un “il faut éteindre” ou un “laissez-le allumé”. Voici ce que disent les derniers chiffres.
Ce qu’on entend tout le temps
- Éteindre = ça consomme moins. Vrai, et probablement plus que vous ne le croyez.
- Laisser allumé = c’est Windows qui travaille pour vous. Vrai, mais pas exactement comme on l’imagine.
- Redémarrer chaque matin = PC en bonne santé. Vrai, à condition de comprendre ce que redémarrer soigne vraiment.
Ce qui détermine tout : votre usage
Un usage domestique — navigation web, courrier, quelques documents — ne pose aucun problème de sécurité, quel que soit le choix du soir.
Un usage professionnel, la manipulation de données sensibles ou un poste partagé changent la donne. Dans ce cas, la vraie question n’est plus “éteindre ou laisser allumé” : c’est “quel risque je prends si quelqu’un d’autre accède à ma session”.
Économie : combien ça coûte vraiment ?
Les derniers relevés de l’ADEME donnent une image plus nette qu’on ne le pense : 75 % de la consommation électrique d’un ordinateur se produit pendant les périodes d’inactivité — veille, écran en veille, veille fantôme. Un PC fixe laissé en veille en permanence peut représenter environ 263 kWh par an rien que pour ne rien faire, soit une cinquantaine d’euros. À titre de comparaison, un usage familial classique (environ 3h45 par jour, extinction après usage) tourne plutôt autour de 120 kWh par an.
Un télétravailleur qui laisse sa machine allumée toute la journée consommera environ trois fois plus qu’un usage familial de quelques heures.
Ce n’est pas la ligne qui va plomber votre budget, mais ce n’est pas non plus négligeable : sur plusieurs années, l’écart entre “toujours en veille” et “éteint après usage” peut représenter le prix d’un petit périphérique.
À noter : les nouvelles normes européennes sur la veille et l’extinction, renforcées en 2025 et à nouveau en 2027, réduisent progressivement la consommation fantôme des appareils récents. Concrètement, un PC de moins de quelques années gaspille déjà nettement moins en veille qu’un modèle plus ancien — un argument de plus, avec les performances, pour ne pas trop retarder un renouvellement de matériel obsolète.
Matériel : qui use le plus ?
Un composant s’use surtout quand il chauffe, tourne à plein régime, ou voit sa puissance varier constamment.
Pour les disques durs mécaniques, les données de fiabilité disponibles sont sans ambiguïté sur un point technique : ce ne sont pas les têtes qui tournent à haute vitesse qui usent le disque, mais les cycles de mise sous tension et hors tension (chargement/déchargement des têtes). Un disque dur grand public est généralement donné pour 300 000 à 600 000 cycles avant que le risque de défaillance n’augmente sérieusement — et sa durée de vie typique reste de 3 à 6 ans en usage normal, avec un taux de panne qui grimpe nettement après la troisième année.
Le SSD change la donne : sans pièce mécanique à démarrer ou arrêter, il n’est pas concerné par cette usure liée aux cycles marche/arrêt. Sa limite est ailleurs, dans le volume de données écrites au fil du temps (le fameux TBW). Pour un usage courant — bureautique, navigation, quelques mises à jour — un SSD dépasse rarement cette limite avant que l’ordinateur lui-même ne soit remplacé pour d’autres raisons.
Un ordinateur portable, de son côté, profite souvent davantage d’être débranché et éteint le soir que de rester en veille, branché en permanence : moins de chaleur, moins de sollicitation de la batterie.
Le grand coupable d’usure, au final, reste la chaleur — pas l’interrupteur.
Sécurité : le critère le plus sous-estimé
Laisser un PC allumé, c’est aussi laisser une session ouverte, des applications en mémoire, et parfois un accès distant possible.
Si la machine est accessible physiquement par d’autres personnes, éteindre ou verrouiller la session devient essentiel. Un antivirus à jour et un compte protégé par un mot de passe restent la règle minimale, quel que soit le rythme choisi.
Mises à jour : qui décide du redémarrage ?
Windows détermine souvent lui-même quand il doit redémarrer pour finaliser des mises à jour. Vous pouvez choisir les heures d’installation, mais pas toujours l’instant précis du reboot.
Un redémarrage quotidien reste une bonne habitude sans être obligatoire. Ce qui compte, c’est que les mises à jour de sécurité soient bien appliquées — pas le nombre de fois où vous appuyez sur le bouton.
Deux usages différents, deux réponses différentes
Il n’y a pas de règle universelle. Le plus important est d’adapter le comportement à ce que vous faites :
- Usage simple et personnel : éteindre le soir reste une habitude économique et sans risque — et les chiffres ADEME lui donnent clairement raison.
- Usage professionnel ou partagé : verrouiller la session systématiquement, quel que soit le moment de la journée.
- Sauvegardes automatiques : laisser allumé quelques heures ne pose aucun problème si besoin, à condition que la session reste protégée.
La réponse n’est pas dans un dogme. Elle est dans votre usage.
En résumé
- Éteindre : pas systématiquement obligatoire, mais souvent le choix le plus sage — les données de consommation en veille le confirment.
- Laisser allumé : acceptable pour certains usages, à condition de bien maîtriser la sécurité.
- Le plus important : mise à jour, protection de session, et aération thermique.
Si vous hésitez sur votre configuration actuelle, ou si votre PC se comporte bizarrement juste après un arrêt, c’est peut-être un signe à ne pas ignorer.
Un petit doute sur le comportement de votre ordinateur ? Appelez A+ Dépannage Informatique : on vérifie votre configuration et on vous donne une réponse adaptée à votre usage, pas un conseil générique sans contexte.